Archives mensuelles : août 2015

Quelques considérations sur le « bon gouvernement » du 21e siècle

Contributions_modifié-1Le professeur Pierre Rosanvallon s’est très récemment exprimé, dans la presse, sur son nouvel opus, le Bon gouvernement (Seuil, août 2015). Lors de cette entrevue, il a émis des constats et fait quelques propositions pour revitaliser la démocratie et je le cite : « pour sortir du cycle de la répétition et de la décomposition ». Tout cela est bienvenu et s’inscrit dans une position, trop souvent oubliée par les sciences sociales depuis les figures d’intellectuels engagés comme Albert Camus ou Michel Foucault, où le savant éclaire le politique.

A la lecture de cet échange, il semble intéressant de faire trois compléments que nous souhaitons inscrire dans une optique : davantage concilier théorie et pratique. Comme nous avons déjà pu l’écrire, il est important, pour agir dans un monde complexe et incertain, de le comprendre. Or cet effort est bien souvent écarté par les décideurs politiques et administratifs pris dans une dictature de l’urgence, incapables d’envisager le futur et de s’inscrire dans un temps long.

Trois remarques donc pour réintroduire des idées dans la fabrique de l’action publique :

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Comment réintroduire de l’imagination en politique ?

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A l’ère de la realpolitik, l’imagination a mauvaise presse

La politique, telle qu’elle se joue aujourd’hui, marque le triomphe du pragmatisme. On mesure la bonne santé d’un Etat à l’aune de ses indicateurs économiques (taux de chômage, balance commerciale, montant de la dette et du déficit public, etc.), rarement au regard de ses objectifs de justice sociale ou de solidarité. La performance est sacralisée; ses contraintes bornent l’horizon. Le champ lexical tourne en boucle autour du triptyque « crise, austérité, sacrifice ».

L’incapacité à se projeter dans un avenir commun est palpable; on se situe toujours dans le cadre étroit de recettes explorées par le passé, notamment lors de la crise de 1929. Les solutions d’austérité prônées par les institutions internationales dans les pays en développement viennent cette fois de nous être appliquées en Europe, sans alternative possible, dans un contexte où il n’existe pas de consensus populaire pour soutenir ces solutions.

On demande aux individus de se passionner pour la chose publique alors qu’aucune voie exaltante n’est envisagée. Seules des réponses populistes viennent combler ce vide. Personne ne semble plus rien vouloir attendre de la politique quand, dans le même temps, le politique, c’est-à-dire notre capacité à voisiner, à vivre en commun dans la cité, se réduit comme peau de chagrin.

Le « virtuel est la vertu de l’homme » écrit joliment Michel Serres dans son dernier livre, Le Gaucher boiteux (Le Pommier, 2015). Mais de quelles façons réintroduire de l’imagination en politique? Comment lire le monde qui vient, dessiner des possibles et explorer les étendues de l’impossible? Quels sont nos rêves collectifs désormais?

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