Archives de Tag: Action publique

Culte de la performance publique & techno-fascisme

Vidéos_modifié-1Invité de la deuxième journée des Rencontres des acteurs publics 2016, le 6 juillet à la Cour des comptes, je fais part de mon insatisfaction quant à l’utilisation de la notion de “performance publique” : “Elle me pose problème quand elle nous fait entrer dans le champ de la compétition et de la rivalité […]. Je militerais plutôt pour l’introduction de nouveaux concepts dans l’administration publique”.

Je reviens notamment, dans cette interview, sur la dérive performative et technologique de nos sociétés et plaide pour le développement d’outils de compréhension des politiques publiques.

Pour voir  la vidéo de mon intervention :

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Classé dans Réforme de l'Etat

Planifier l’avenir est encore possible : des utopies pour l’action publique

Contributions_modifié-1Nos existences sont prisonnières de la tyrannie du présent, nos vies commandées par le régime de l’instantanéité. Tout, tout de suite. La sempiternelle quête de rentabilité, de performance, le culte du chiffre, de plus en plus connecté à la machine, alimentent notre désir de vitesse. La prédominance de l’impulsion réduit nos horizons. A quel profit faut-il mettre notre temps ? Les statistiques nous gouvernent, les rapports d’expertise se multiplient. Nous mesurons. Nous diagnostiquons. Nous commentons. Mais nous laissons peu de place à l’imagination, à la fine analyse de la complexité humaine.
Partout, les logiques court-termistes, l’urgence supposée ou réelle, enferment notre perception des réalités. A la recherche de croyances perdues, nous confondons savoir et information. Notre volonté de dominer notre environnement, en bons « maîtres et possesseurs de la nature » (Descartes), fait du chiffre une preuve indiscutable, une connaissance « objective » qui rassure.
L’obsession quantophrénique – la mesure exacerbée de toutes les activités humaines – doit masquer les incertitudes du monde qui vient. Pourtant, nos procédés de rationalisation ne nous permettent plus de discipliner le futur, d’y asseoir nos convictions : nous sommes prisonniers, à l’extérieur de l’action publique.

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Construire l’action publique à partir de l’expertise profane.

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A l’occasion de la dernière UP conférence « Territoires, nous sommes innovation », j’ai parlé de la recomposition de l’action publique par le bas, de la nécessité de partir des expériences concrètes du terrain pour bâtir les politiques publiques.

 

Pour revoir la synthèse de mon intervention, cliquez sur l’image :

NicMaty

Pour lire l’article sur le site UP conférence, cliquez sur le texte :

Capture d’écran 2016-03-11 à 08.35.15.png

 

 

 

 

 

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Rechercher les passions et renouer les fils d’un avenir commun

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Les événements du 13 novembre nous bouleversent et nous touchent dans notre chair. Ils sont cruels, barbares. Ils font résonner en nous la fragilité de la vie, la vulnérabilité de notre liberté, la déliquescence de la dignité humaine. Ils nous confrontent à notre propre mort. Nous faisons l’expérience de l’absurdité, du caractère déraisonnable de ce monde qui nous échappe, dérape inlassablement. Aucune prise ne semble possible ; le sentiment de mon impuissance me violente. Certains jours, comme ceux-là, je vomis mon existence.

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Conduire les sciences sociales au-dehors d’elles-mêmes. Propos sur la « coproduction de l’innovation ».

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Introduire de la réflexion dans les pratiques. Conduire les sciences sociales au-dehors d’elles-mêmes pour paraphraser le philosophe Merleau-Ponty (« La philosophie et son dehors »). Faire ressortir de nouvelles possibilités de vie et de pensée publique. Vaste programme à conduire pour transformer l’action publique. Je reviens dans cet entretien pour le Hubservatoire sur certaines de ces dimensions, en réagissant, à chaud, sur leur rapport consacré à la coproduction de l’innovation (sic). Extraits.

Pouvez-vous expliquer les missions que vous conduisez à Bercy au sein de l’IGPDE (Institut de la Gestion Publique et du Développement Economique)?

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L’expérimentation, Frankenstein et la vie de laboratoire des politiques publiques

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Ce texte sera publié dans le nouvel ouvrage de La 27e Région, Chantiers ouverts au public, rédigé et orchestré par Pauline Scherer et disponible en librairie dès la fin du mois d’octobre 2015 : http://www.la27eregion.fr/publications/chantiers-ouverts-au-public/ Il a été présenté lors de la semaine de l’innovation publique à Super Public.

L’action publique n’est pas un laboratoire scientifique. Nous ne vivons pas, dans la cité, comme des cobayes attendant une potion magique ou une injection létale. Et pourtant, les injonctions expérimentatrices pénètrent de plus en plus les discours et les pratiques politico-administratives. Adossée à la pratique de l’évaluation des politiques publiques, l’expérimentation serait une source de renouvellement, un nouveau « gold standard » de l’action publique si on en croit ses promoteurs [1]. Davantage innervée des réalités sociales du terrain et permettant de sortir des exercices de mesure réalisés a priori donc déconnectés de l’action, l’expérimentation constituerait un possible antidote à la fièvre quantophrénique [Pathologie qui consiste à vouloir traduire systématiquement les phénomènes sociaux et humains en langage mathématique]. Au-delà de cette vision romantique, il semblerait que cette méthode ne soit pas sans conséquences sur la conduite des affaires publiques. Quels sont les enjeux et les possibilités de déploiement pour l’administration ? C’est sur cette double question que nous plancherons dans ce texte.

Expérimenter plutôt que quantifier ?

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Quelques considérations sur le « bon gouvernement » du 21e siècle

Contributions_modifié-1Le professeur Pierre Rosanvallon s’est très récemment exprimé, dans la presse, sur son nouvel opus, le Bon gouvernement (Seuil, août 2015). Lors de cette entrevue, il a émis des constats et fait quelques propositions pour revitaliser la démocratie et je le cite : « pour sortir du cycle de la répétition et de la décomposition ». Tout cela est bienvenu et s’inscrit dans une position, trop souvent oubliée par les sciences sociales depuis les figures d’intellectuels engagés comme Albert Camus ou Michel Foucault, où le savant éclaire le politique.

A la lecture de cet échange, il semble intéressant de faire trois compléments que nous souhaitons inscrire dans une optique : davantage concilier théorie et pratique. Comme nous avons déjà pu l’écrire, il est important, pour agir dans un monde complexe et incertain, de le comprendre. Or cet effort est bien souvent écarté par les décideurs politiques et administratifs pris dans une dictature de l’urgence, incapables d’envisager le futur et de s’inscrire dans un temps long.

Trois remarques donc pour réintroduire des idées dans la fabrique de l’action publique :

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