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Tribunal des générations futures : Faut-il inscrire le droit à la paresse dans la constitution ?

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Lors du dernier OuiShare Fest à Paris, j’ai été invité à participer au Tribunal des Générations Futures, procès fictif imaginé par le magazine Usbek & Rica, pour parler de l’avenir du travail et du revenu universel.

2032. Après 5 réformes du droit du travail, le travail freelance a bondi avec 10 millions d’auto-entrepreneurs, le chômage connait son taux le plus élevé de l’histoire et avoisine les 20%, afin de palier au manque d’emploi, les « bullshit job » sont devenus la norme, les inégalité sont plus fortes que jamais.

15 ans plus tôt, le revenu universel était exposé pour la première fois au grand public lors d’une élection présidentielle, l’idée depuis n’a jamais refait surface.

Nous sommes en train de perdre la bataille de l’emploi : les avocats et les notaires ont été remplacés par des algorithmes super-puissants, la blockchain a remplacé les établissements bancaires, les véhicules autonomes ont mis au placard tous les chauffeurs, et les robots médecins sont désormais monnaie courante.  La faculté de médecine de Paris est devenue un lieu culturel réputé, où s’est vendue pour la première fois au monde, une peinture d’art moderne exécuté par un robot artiste à un collectionneur de renom.

Les violences augmentent, rappelons nous la mort de ce jeune homme lors de la rixe au Pôle Emploi de la rue de Passy dans le 16è arrondissement, chercher un emploi tue.

Toutes les politiques sont sans résultat, il y a aujourd’hui un choix de société à faire. Faut-il accepter que le travail ne soit plus l’avenir de l’Homme ? Et même plus, accepter que le travail ne joue plus de rôle social et n’a plus de sens économique? Peut-on encore fonder notre société sur le travail ? Ou au contraire, faut-il inscrire le droit à la paresse dans la constitution ?

Pour voir la vidéo des débats : https://www.youtube.com/watch?v=sN1F1j_IgK0

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2056 : Quel Etat ? Quelle politique ? Quand l’action publique rencontre la science-fiction !

Contributions_modifié-1Le futur est déstabilisant, insaisissable. Que seront le monde, la France en 2056 ? L’étendue des possibles est vaste, exaltante, angoissante.

Un État omnipotent, une pieuvre tentaculaire ? Un gouvernement qui s’appuie sur les technologies numériques pour contrôler, prédire, deviner nos besoins, nos désirs, nos comportements politiques avant même que nous ne les exprimions ?

On peut imaginer des services publics délivrés par des humanoïdes, corvéables à merci, esclaves des temps nouveaux. Une course effrénée vers la performance totale, le culte du chiffre, qui nous ferait insérer des puces, nanotechnologies, dans les cerveaux des fonctionnaires pour augmenter leur capacité de travail.

À l’inverse, l’État sera peut-être réduit à une peau de chagrin. Dans ce scénario, les citoyens, usés par les incantations politiques, gorgés d’une soif de liberté, s’organiseraient seuls, sans structures, ni intermédiaires. Chacun défendrait sa petite parcelle d’humanité : retour à l’État de nature où l’homme est un loup pour l’homme.

Et si les ressources énergétiques nous manquaient ? Comment alors faire fonctionner nos administrations, alimenter l’organisation de notre société ? Plus de lumière dans les rues, les transports publics s’arrêteraient au milieu des voies et les ordinateurs dans les écoles seraient remplacés par les tableaux noirs d’un siècle passé. La finitude des ressources nous conduirait alors à une certaine lenteur, à l’abandon d’un confort devenu obsolète.

À la manière de 1984 de George Orwell, de Paris au XXème siècle de Jules Verne ou encore de Nous autres de Ievgueni Zamiatine, les dix nouvelles de ce recueil se projettent dans notre avenir et en dessinent les contours. Utopies ? Réalités augmentées ? Prédire avec minutie les transformations profondes de notre civilisation, voilà un des rôles essentiels de la littérature : c’est-c’est-à-dire écrire pour ne pas laisser au futur le dernier mot…

Les auteurs de ce recueil sont des arpenteurs de l’avenir, des archéologues du futur. Ils dessinent des horizons souhaitables, désirables, avec des services publics bienveillants, c’est eXploi pour trouver un travail dans « Haute Résolution ». Ils décrivent aussi des sociétés de contrôle dans lesquelles l’État est dilué et n’existe quasiment plus. La dégradation du climat, 9 les dérèglements socio-économiques ont eu des conséquences extrêmes. Les économies libérales n’ont pas résisté à la pénurie ni à l’inefficacité politique qui en ont résulté. Des soubresauts démocratiques, des actions citoyennes tentent parfois d’exister (« Je me souviens d’un avenir incertain »).

Bien souvent, la conduite des pays et des sociétés est assurée par une unité centrale informatisée, ironiquement nommé Aristote dans une nouvelle. D’autres vont encore plus loin en instituant un Comité de direction, le COMDIR, composé d’un « savant panachage d’humains, d’organismes vivants de tous ordres et de puissants algorithmes » (« Mozart avec nous »).

Les technologies sont omniprésentes et nous font entrer dans le règne d’une domination technique où la transparence est devenue une vertu cardinale (« Antigone. 56 »). Tout se décide sur écran : éducation, logement, travail, santé (« 1 150 Conventionnels »), vie affective, alimentation, reproduction (« La Candidate »)… C’est parfois un progrès, car la raison règne. C’est bien souvent une perte, car la machine gouverne : « un système algorithmique venait de remplacer des petits fonctionnaires » est notamment mis en exergue dans « Relèves d’acier ».

Plusieurs nouvelles donnent aussi à voir les effets que peuvent avoir les administrations publiques sur les gens, la façon dont elle transforme les comportements (« La Tour »). Certaines évoquent le difficile équilibre à trouver entre exigence d’efficacité de l’administration et privatisation qui peut mener à certaines dérives comme la captation des ressources par un groupuscule, le club des Starters, dans « La Réduplique ».

Au fond, c’est la question fondamentale du pouvoir qui est posée. Le « nouveau monde numérique » qui se dévoile semble le distribuer différemment. Le pouvoir n’est plus vraiment décelable en un lieu précis mais se définit au contraire par son ubiquité. Il peut être lu comme une espèce de flux qui traverse et connecte l’ensemble des éléments de la société.

Dans cet ouvrage, nous avons essayé d’ouvrir les possibles. Comme le dit si justement le philosophe Gaston Bachelard, « imaginer, c’est hausser le réel d’un ton ». Plonger dans le futur pour mieux comprendre le présent. Débrider l’imagination, décaler le regard pour sortir du règne de l’instantanéité. Le slogan révolutionnaire « L’imagination au pouvoir », c’était il y a cinquante ans déjà. Il est grand temps de le mettre en pratique.

Pour découvrir ces nouvelles aux Editions La Tengo et plonger dans le futur, cliquez ci-après:

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